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Historique

vendredi 16 mai 2003, par Jacques WITVROUW

C’est en 1959 que le Cercle Archéologique Hesbaye-Condroz fut créé par quelques chercheurs dont les activités se concentraient sur les rives de la Meuse moyenne et sur les plateaux de la Hesbaye et du Condroz.

Grâce à leur enthousiasme et à leur ténacité, ils ont su acquérir des compétences et, au fil du temps, des méthodes de plus en plus rigoureuses. Avec patience, ils ont réuni une importante documentation sur des sites tels que Braives, Amay, Huy, Clavier-Vervoz, Namur. Si, très tôt, ils ont collaboré avec diverses institutions scientifiques du pays, ils ont aussi su faire partager leurs connaissances et leur enthousiasme, suscitant de nouvelles vocations au sein de leur société.

Il serait fastidieux de reprendre par le menu l’ensemble des activités du C.A.H.C. Nous voudrions nous limiter ici à rappeler brièvement quelques-unes des plus marquantes ou des plus récentes.

Depuis ses débuts, le C.A.H.C. n’a cessé de s’intéresser à l’étude des agglomérations secondaires romaines (vicus), d’abord à Braives puis, de façon plus systématique, à Amay-Ombret et Clavier-Vervoz. Ces deux dernières bourgades dont les vestiges sont souvent bien conservés, ont fourni de précieuses informations dans de nombreux domaines : organisation et évolution du vicus, modes de construction, vie quotidienne et aménagement intérieur des habitats, activités artisanales, activités religieuses, etc. Chaque bourgade avait sa vocation propre : Vervoz semble une création de l’administration romaine. Le haut potentiel économique du lieu a probablement suscité la naissance du vicus d’Amay : Le franchissement du fleuve par un pont romain a pu y être confirmé récemment.

A Amay, sur le site de la Collégiale Saint-Georges, fut mis au jour le sarcophage de Chrodoara. Cette découverte exceptionnelle était entourée d’une rare succession d’édifices dont les éléments ont été progressivement dégagés lors des fouilles : les vestiges d’un habitat de l’âge du fer, d’une importante villa romaine, d’une église mérovingienne ainsi que d’un édifice carolingien qui a précédé l’église romane. Tout récemment, l’avant-corps de cette dernière a fait l’objet d’une fouille préventive, préalable à sa restauration.

A Huy, les travaux menés pendant une vingtaine d’années ont profondément renouvelé notre connaissance des origines de la ville au haut moyen âge. Révélant d’abord l’existence d’un véritable quartier artisanal mérovingien, les fouilles du C.A.H.C. ont démontré le développement considérable qu’a connu le vicus dès l’époque mérovingienne. Une fouille de sauvetage réalisée dans la nécropole de Saint-Victor a complété ces informations en faisant mieux connaître les contemporains de cet essor économique.

Au Thier d’Olne à Engis, ce sont les vestiges d’une résidence aristocratique du haut moyen âge qui retiennent l’attention du C.A.H.C. depuis une douzaine d’années. Habitats, édifices religieux ou funéraires, cimetières s’y sont succédés du VIIe au Xe siècles. Le développement rapide et la richesse de cet établissement sont le résultat de l’exploitation d’un vaste domaine agricole mais aussi, très vraisemblablement , de la perception d’un tonlieu sur la Meuse. Dans nos régions, peu nombreux sont les sites de cette époque permettant, comme au Thier d’Olne, une fouille exhaustive.

Depuis 1989,en collaboration avec plusieurs institutions scientifiques, le C.A.H.C. a mis sur pied un vaste programme de fouilles sur le site néolithique de Vaux-et-Borset : il s’agit d’un des rares sites européens à présenter, sur un espace réduit, une convergence de structures (fossés, habitations, silos) appartenant à plusieurs phases du néolithique ancien. Les décapages extensifs réalisés en plusieurs campagnes et ceux toujours en cours, ont aussi révélé des vestiges d’occupation protohistorique.

A Outrelouxhe, sur le territoire de la commune de Modave, le C.A.H.C. étudie depuis 1996 un établissement romain, probablement un relais routier, construit en bordure de la chaussée qui reliait Tongres, Arlon et Metz. Les bâtiments construits en pierre ont été précédés par une installation en bois - d’un type peu courant dans nos régions - entourée d’un fossé qui délimitait une aire d’une cinquantaine de mètres de diamètre.

Enfin, en 1997 et 1998, le C.A.H.C. a mené un vaste programme de fouilles à l’abbaye cistercienne de la Paix-Dieu (Amay), dans le cadre d’une convention avec la Région wallonne. Ces fouilles précédaient un important chantier de restauration mené par le Ministère de la Région wallonne en vue d’y implanter un Centre de formation ( artisanat de la restauration).

Il faut aussi faire mention de nombreux sauvetages de sites archéologiques, souvent importants, menacés de destruction par l’urbanisation, l’extension ou l’aménagement du réseau routier ou, plus simplement, par les labours de plus en plus profonds : ces quarante dernières années ont sans doute vu détruire bien plus de vestiges que les siècles précédents !

Parallèlement à ces travaux sur le terrain, nous publions le résultat de nos recherches dans le Bulletin du Cercle Archéologique Hesbaye-Condroz. Celui-ci paraît tous les 2 ans.

Au cours de la dernière décennie, les membres du C.A.H.C. ont aussi organisé ou contribué à organiser des manifestations importantes. Rappelons par exemple le colloque sur La civilisation mérovingienne dans la vallée de la Meuse qui rassembla à Amay des orateurs venant de plusieurs pays européens. Ce fut un échange fructueux entre spécialistes des diverses sources disponibles : histoire, archéologie et histoire de l’art. Rappelons aussi, parmi d’autres, la contribution du C.A.H.C. à la réalisation d’une exposition - et de son catalogue - sur Les trésors de la Collégiale d’Amay, mise sur pied à l’occasion du 900ème anniversaire de la Collégiale Saint-Georges d’Amay.

Plus récemment, en août 1997, le C.A.H.C. a organisé un colloque international sur le thème de Chrodoara et de son sarcophage. Les actes sortiront prochainement.

Pour sous-tendre toutes ses activités, le C.A.H.C. possède une installation propre, située rue de l’Industrie, 11A, à Amay. Ces locaux comprennent une bibliothèque (plusieurs milliers d’ouvrages concernant l’archéologie et l’histoire) une vaste salle polyvalente avec tables de dessin, espace pour réunions et conférences, aires de traitement et d’entreposage du matériel archéologique ainsi qu’un dépôt du matériel de fouille.